Grêve de la faim article 20 minutes

VAUD: Opposé au tir de loups, il fait la grève de la faim pour appeler au dialogue Un citoyen milite pour éviter que des grands prédateurs soient abattus dans le Jura vaudois. Pour marquer les esprits, il a entamé dimanche dernier une grève de la faim.

Le 30 août dernier, la Confédération autorisait le tir de deux loups dans le canton de Vaud. Une première. Mais un citoyen de Bofflens (VD) refuse catégoriquement qu’on abatte un ou plusieurs des grands prédateurs qui ont élu domicile dans le Jura vaudois. Pour marquer son opposition, Fabrice Monnet a entamé une grève de la faim, comme l’indique «24 heures». Le quadragénaire s’est installé dans la montée du Col du Marchairuz, côté vallée de Joux, en compagnie de son berger malinois. Sa présence est signalée par un grand panneau sur lequel il a écrit: «Stop au tir du loup, pour une meilleure cohabitation homme, loup, nature.» PUBLICITÉ Le militant de la cause animale, qui est aussi bûcheron et éleveur de moutons, appelle au dialogue entre les agriculteurs, les chasseurs et la classe politique. Le père de famille prône une protection du bétail et des pâturages du Mollendruz et du Marchairuz plutôt qu’une action pour éliminer l’un ou l’autre des loups composant les meutes de la région. «Dans cette affaire, les agriculteurs manquent de soutien. L’État promet beaucoup, mais, au final, ne fait pas grand-chose», raconte-t-il au quotidien vaudois. «Depuis le temps qu’on dit qu’il (ndlr: le loup) va revenir, puis qu’on sait qu’il est là, ce n’est pas normal de ne rien avoir entrepris.» (faz)

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Grève de la faim article 24 heures

Mardi matin, sur la longue ligne droite qui précède les derniers lacets conduisant au col du Marchairuz depuis Le Brassus, les sapins succèdent aux sapins. Et soudain, sur la droite, une vaste place en terre et au milieu une tente verte en forme de tipi, une table, trois pliants et un panneau fixé à une barrière métallique sur lequel figurent une immense tête de loup et l’inscription suivante: «Stop au tir du loup, pour une meilleure cohabitation homme, loup, nature». Et juste à côté, l’occupant de ce campement sommaire et Janiz, son berger malinois. SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ «Personne ne nous écoute» Si le chien boulotte des croquettes trouvées sur le sol caillouteux, son maître a le ventre vide. Et pour cause. Farouchement opposé à l’autorisation de tir accordée par la Confédération au Canton de Vaud, Fabrice Monnet a choisi sa propre voie pour dire ce qu’il en pense. Une voie plutôt radicale, puisqu’il a amorcé une grève de la faim. Mais il sait qu’il n’est pas seul. Sur la Riviera où elle vit, sa mère Christine Sauge Struchen ne se nourrit plus non plus. Mercredi, elle a écrit à la conseillère d’Etat Béatrice Métraux pour l’en informer. «On a beau faire des pétitions, personne ne nous écoute. Alors, après avoir beaucoup parlé avec ma femme et mes amis, j’ai pris cette décision. Et j’ai commencé progressivement, sur conseil de mon médecin, il y a six jours. J’ai déjà perdu 3 kilos», souligne cet habitant de Bofflens, dans le Nord vaudois. «Je commence à avoir un peu mal à la tête, mais je suis déterminé.» Fabrice Monnet, gréviste de la faim Depuis dimanche soir, il n’avale plus que de la tisane. «Mon estomac travaille et je commence à avoir un peu mal à la tête, mais je suis déterminé à aller loin pour obtenir l’annulation de ces tirs. Tuer un loup ne fait que repousser le problème», lance-t-il au matin de sa première nuit passée à la vallée de Joux. Elle a été fraîche, 7 °C au petit matin, mais tout à fait supportable. Et puis, elle a tellement bien commencé, raconte-t-il. Vers 21 h, ce militant de la cause animale, bûcheron et éleveur de moutons, a eu la joie d’entendre son premier brame de cerf. «Ils devaient être quatre ou cinq, ça donnait dans tous les coins», se réjouit-il. Détonations inquiétantes À peine installé, quelques heures plus tôt, il recevait la visite compatissante d’une habitante du Muids, de l’autre côté du col en plongeant sur le Léman. «On a parlé pendant une demi-heure. Et un peu plus tard, ce sont deux naturalistes qui sont venus vers moi pour discuter. Tous m’ont promis de revenir.» Plus loin dans la nuit, c’est une mélodie bien moins rassurante que leurs paroles qui l’a tiré de son premier sommeil: les détonations de coups de feu. «Quatre, entre 1 h 47 et 1 h 49. J’espère que c’était de l’effarouchement et pas des tirs létaux ou du braconnage», soupire-t-il. Manque d’anticipation Pour Fabrice Monnet, il est hors de question d’abattre le loup. Pas de quoi pour autant tirer à boulets rouges sur les agriculteurs. «Dans cette affaire, ils manquent de beaucoup de soutien. L’État promet beaucoup, mais au final ne fait pas grand-chose», estime-t-il. Tout en admettant le manque d’anticipation de certains. «Depuis le temps qu’on dit qu’il va revenir, puis qu’on sait qu’il est là, ce n’est pas normal de ne rien avoir entrepris…» Passionné par la faune depuis tout jeune – ce quadragénaire a notamment travaillé pour un refuge de la SPA –, il n’oubliera jamais sa première rencontre avec le lynx. Ni évidemment celle, bien plus récente, avec le loup, près de chez lui. «J’étais avec ma fille aînée, c’était magique!» Appel au dialogue Du coin de son tipi, devant lequel son petit réchaud à bois fait bouillir l’eau d’une casserole, Fabrice Monnet caresse la tête de Janiz. Et un rêve: qu’en 2022 les pâturages du Marchairuz et du Mollendruz aient été protégés pour permettre une cohabitation avec ces grands prédateurs. «Je suis conscient de la surcharge de travail occasionnée pour les éleveurs, mais l’État doit leur donner les moyens de la résoudre. Et pour prendre de vraies mesures, il est nécessaire qu’agriculteurs, politiques et chasseurs travaillent main dans la patte.» Publié: 29.09.2021, 07h04